Quelle est la limite de ce qui rentre dans une image et de ce qui en sort ?
Pourquoi ne pas élargir davantage notre regard, aller plus loin à gauche, à droite, en haut en bas?
Voici les questions que nous pose François Vogel dans son exposition Les yeux derrière la tête.
Invitation du Centre des Arts d’Enghien les Bains à une drôle de gymnastique du regard,
pour une aventure Hype(R)Olds hors-les-murs.
Le mot d’ordre pour la journée étant le décalage, on oublie clavier et souris et on apprend à utiliser des iPads,
véritables outils de reportage que nos dames prennent en main rapidement.
Alors Marie-Louise navigue parmi toutes les photos qu’elle vient de prendre :
Josette fait des selfies :
Et Carmen s’amuse à écrire des phrases dictées par le clavier prédictif d’apple :
Désormais bien équipées, on est accueilli par Emmanuel Cuisinier, chargé des arts visuels au CDA,
pour visiter l’exposition Les yeux derrière la tête de François Vogel.
Emmanuel et François ont conçu ensemble une scénographie étonnante,
qui promet de remettre en cause la façon dont on pense pouvoir regarder les images .
Avec Elongations , on est émerveillé par les déformations dans l’espace et le temps
qu’un ordinateur peut produire sur une video prise dans la rue.
Mais on apprend également , grâce au Manège aux Visages, que le simple bricolage
peut suffire pour générer des distorsions en temps réel.
Alors on détourne une des pièces du dispositif pour prendre un selfie déformé !
Suite au Fil magique , il nous plonge dans un jeu d’enfance pour interagir avec notre propre image.
Après on décortique des photos incroyables, produites par des distorsions de plus en plus sophistiquées.
Celle-ci emprunte des stratégies « fractales » aux choux romanesco qu’on trouve au marché !
On apprend que les premières photos expérimentales de François,
c’est avec une boîte de chocolats qu’il les a faites.
Avant de fabriquer des appareils sténopés modulaires et très sophistiqués, qui épatent Josette.
On débat sur toutes ces stratégies avec Emmanuel, qu’on a du mal à laisser partir,
quelle chance d’avoir eu un tel guide d’exception pour découvrir cet univers renversant !
Les discussions sur les possibilités de la distorsion se poursuivent dans le train de retour à Paris,
et on se demande: est-ce qu’on pourrait en faire une dernière nous mêmes, avec les moyens du bord ?
Inspirées par les expérimentations que les dames d’Hype(R)Olds d’Enghien avaient faites avec un scanner,
on se lance dans une séance photo en plein quai de la gare du Nord !
Puisque le portrait est un des fils conducteurs de notre travail cette année,
on détourne la fonction « panoramique » de nos iPhones et voilà des apparitions étonnantes !
Nos préférés sont les portraits individuels, avec des décompositions presque cubistes de nos dames.
Pas mal pour ce groupe de bricoleuses connectées, qui commencent à drôlement bien manier le numérique !